Plus de dix ans après le début des violences de Boko Haram autour du lac Tchad, un ouvrage met l'accent sur ceux qui ont tenu bon. Intitulé « Violentées, pas anéanties : la résilience des populations affectées par Boko Haram dans le bassin du lac Tchad », le livre de Ramat Abadjida, publié chez Guiguess Éditions, a été présenté par Journalducameroun.com le 30 septembre.
Un ouvrage de 130 pages pour raconter ce qui tient debout
Le livre compte 130 pages réparties en 15 chapitres. Son autrice, Ramat Abadjida, titulaire de masters en paix et sécurité et en études internationales et stratégiques, ainsi que d'un MBA en management des organisations, associe analyse académique et regard humanitaire.
Plutôt que de dresser un inventaire des destructions, l'ouvrage s'intéresse à la manière dont les communautés continuent de fonctionner et de préserver leur dignité dans un espace transfrontalier qui touche notamment le Cameroun, le Nigeria, le Niger et le Tchad.
La résilience comme « intelligence sociale »
Selon le résumé publié, l'autrice définit la résilience comme une forme d'intelligence sociale, c'est-à-dire la capacité des populations à s'adapter sans renoncer à leur dignité. Elle la distingue d'une simple acceptation passive de la souffrance.
Le livre décrit notamment le sort des déplacés internes : des milliers de personnes quittent leurs villages avec très peu de préparation et sans destination précise, avant de se retrouver dans des camps d'urgence installés dans des zones perçues comme plus sûres.
Les femmes au cœur de l'adaptation
Parmi les thèmes centraux figure le rôle des femmes. Exposées à des violences disproportionnées, elles sont aussi, selon l'ouvrage, parmi les premières à s'adapter à la nouvelle réalité économique créée par la destruction des infrastructures, en organisant des activités génératrices de revenus et en maintenant la cohésion de leurs communautés.
Dans l'Extrême-Nord du Cameroun, où la situation sécuritaire et humanitaire reste préoccupante, ce type de travail éclaire une dimension souvent peu visible de la crise : celle des capacités locales de reconstruction. L'ouvrage apporte ainsi une contribution au débat sur l'accompagnement des populations après les déplacements.