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Économie

Carburant : au Cameroun, le coût d'importation du diesel dépasse désormais son prix à la pompe

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Le coût d'importation du diesel au Cameroun s'établit à 974,93 FCFA le litre en octobre 2026, soit 49,1 % de plus qu'en juillet et davantage que le prix de vente à la pompe, resté à 828 FCFA à Douala, rapporte Business in Cameroon le 1er octobre 2026 à partir des données du Fonds de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH).

Un écart de près de 147 FCFA par litre

Selon la source, le coût d'importation du diesel était de 653,85 FCFA le litre en juillet 2026. Il est passé à 860,10 FCFA en septembre, soit 13,4 % de plus en un mois, puis à 974,93 FCFA en octobre, une hausse de 321,08 FCFA en trois mois.

Les prix à la pompe n'ont, eux, pas bougé : 828 FCFA le litre de diesel à Douala, 840 FCFA pour l'essence et 350 FCFA pour le kérosène. Le coût d'importation dépasse donc de 146,93 FCFA le prix de vente au détail du diesel, une situation qui oblige l'État à compenser la différence.

Le mécanisme de stabilisation sous pression

La composante « aide / remboursement de l'État » de la structure des prix est passée de 109,22 FCFA le litre en juillet à 430,30 FCFA en octobre, d'après les chiffres publiés mensuellement par le CSPH. Cette hausse correspond, selon la source, au surcoût d'importation observé sur la période.

La source attribue ce mouvement à la remontée des cours mondiaux du pétrole brut et des carburants, qui renchérit l'approvisionnement du pays. Le Cameroun importe l'essentiel de ses produits pétroliers raffinés, sa raffinerie nationale n'étant pas pleinement opérationnelle depuis l'incendie de 2019.

Le FMI plaide pour des subventions mieux ciblées

Une mission d'évaluation post-financement du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Christine Dieterich et achevée le 30 septembre 2026, a appelé à mieux cibler les subventions aux carburants, selon Business in Cameroon. Le FMI estime que le dispositif actuel est coûteux et profite davantage aux ménages qui consomment le plus qu'aux plus pauvres.

Le déficit budgétaire est passé de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,1 % en 2025, et les dépenses de subvention pourraient passer de 310 milliards de FCFA en 2026 à 340 milliards en 2027. Le ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, devrait par ailleurs manquer l'objectif de ramener le déficit à 1,7 % du PIB en 2026, d'après la même source.

Parmi les pistes évoquées figurent un mécanisme automatique de fixation des prix assorti d'une protection des ménages vulnérables, ainsi qu'un recours accru aux financements concessionnels. Aucune décision n'a été annoncée à ce stade sur une éventuelle évolution des prix à la pompe.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV