Selon Cameroon Tribune, la section camerounaise du Réseau des journalistes scientifiques d'Afrique francophone (RJSAF) a organisé le 10 octobre 2026 un webinaire intitulé « Antiviral Research: A New Path with African Plants? », consacré au potentiel thérapeutique de la biodiversité africaine face aux défis de santé publique.
Une plante, deux peptides
Le Dr Olivier Ndogo Eteme, enseignant-chercheur en chimie organique et médicinale à l'Université de Yaoundé I et chercheur invité à l'Université de Pennsylvanie, a présenté ses travaux sur Allexis cauliflora, de la famille des Violacées.
Des cyclotides bioactifs isolés de cette plante sont étudiés comme candidats antiviraux contre les poxvirus. Deux peptides cycliques, Alca1 et Alca2, ont été évalués contre le virus de la vaccine, un Orthopoxvirus utilisé comme modèle de substitution pour la recherche sur le Mpox.
Des résultats jugés prometteurs, mais précoces
D'après le quotidien, les résultats montrent des concentrations inhibitrices médianes (IC50) et des indices de sélectivité prometteurs. Selon le chercheur, les ressources biologiques camerounaises contiennent des entités chimiques précises, isolables et séquençables, qui méritent d'être étudiées plus avant sur le plan biomédical.
Il s'agit de travaux de laboratoire sur un virus modèle : ils ne prouvent ni l'efficacité ni l'innocuité chez l'humain, et aucun médicament n'en découle à ce stade. La rédaction n'a pas pu consulter la fin de l'article, réservée aux abonnés.
Rigueur scientifique et savoirs traditionnels
Le Dr Patrick Hervé Diboué Betote, pharmacologue à l'Institut de recherche médicale et d'études des plantes médicinales (IMPM) et au Centre de recherche sur les plantes médicinales et la médecine traditionnelle (CRPMT), a commenté les travaux. Il a affirmé que son confrère avait suivi rigoureusement les procédures opératoires standardisées lors de l'isolement et de l'évaluation.
Il a souligné la distinction essentielle entre l'usage traditionnel empirique et la validation scientifique rigoureuse. Le débat intervient alors que le Mpox continue de circuler en Afrique : l'OMS recensait 1 153 cas confirmés dans 11 pays entre le 6 juillet et le 16 août 2026, d'après Agence Ecofin.