Un an après l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary, réfugié à Banjul, en Gambie, continue de se présenter comme le « président élu », selon une déclaration datée du 12 octobre 2026 rapportée par Camer.be. Le Conseil constitutionnel avait pourtant proclamé Paul Biya vainqueur, et aucun tribunal n'a validé la revendication de l'opposant.
Deux lectures opposées des résultats du scrutin
Selon Camer.be, le Conseil constitutionnel a proclamé le 27 octobre 2025 la victoire de Paul Biya avec 53,66 % des voix, contre 35,19 % pour Issa Tchiroma Bakary, et a rejeté l'ensemble des recours. L'opposant affirme, à partir de procès-verbaux collectés par son camp, avoir recueilli 54,8 %.
Le média cite aussi l'International Crisis Group, selon lequel les décomptes publiés par l'opposition semblaient donner M. Tchiroma gagnant avec une marge nette. Il s'agit de calculs non officiels que la rédaction n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante ; seuls les résultats proclamés par l'institution compétente ont valeur légale.
Exil, plaintes à l'étranger et bilan humain de la crise
M. Tchiroma a obtenu l'asile en Gambie à partir de novembre 2025. Camer.be rapporte qu'il a déposé en juin 2026 deux plaintes devant le tribunal judiciaire de Paris, au titre de la compétence universelle, visant le chef de l'État et une vingtaine de hauts responsables, et qu'il a saisi les autorités suisses. L'article ne signale aucune avancée procédurale, et un avocat cité par RFI rappelle que ce type de dossier est souvent long.
Sur le plan humain, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait reconnu 20 morts et 1 243 arrestations, tandis que Human Rights Watch avançait au moins 55 décès. Le 9 octobre dernier, soixante-six personnes ont par ailleurs été déclarées coupables dans le cadre de la crise postélectorale, un jugement dont la rédaction avait rendu compte.
Un climat politique toujours incertain
Camer.be souligne que le gouvernement annoncé par le chef de l'État n'a pas été renouvelé, et que le poste de vice-président, rétabli par une révision constitutionnelle d'avril 2026, reste à pourvoir. Le média évoque également une absence prolongée du président hors du pays depuis juin ; ces éléments, relevant en partie du commentaire, n'ont pas été confirmés par une source officielle.
Par ailleurs, les débats se poursuivent sur le calendrier des élections législatives et municipales attendues en 2027 et sur le budget de l'année prochaine, dont la session s'ouvrira le 10 novembre selon Journal du Cameroun. La rédaction restera attentive à toute communication officielle sur ces sujets.