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Économie

AfCRA : l'Union africaine lance à Maurice sa propre agence de notation, sans promettre de baisse rapide des coûts d'emprunt

Photographie d'illustration : CBN Building Abuja

L'Union africaine a lancé le 7 octobre 2026 à Maurice l'Africa Credit Rating Agency (AfCRA), une agence de notation destinée à évaluer le risque de crédit des États, collectivités et entreprises du continent. Selon Camer.be, le président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf, a lui-même admis qu'elle ne réduirait pas sensiblement les coûts d'emprunt à court terme.

Une agence privée mandatée par l'UA et supervisée par le MAEP

Selon Camer.be, l'AfCRA est une société privée basée à Port-Louis, mandatée par l'Union africaine et placée sous la supervision du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP). Les gouvernements ne peuvent pas en détenir des parts. Elle a d'abord appartenu à la firme sud-africaine Plus94 et devrait ouvrir son capital à d'autres investisseurs privés.

Un article de La Presse de Tunisie, publié avant le lancement, précisait que l'agence se veut complémentaire des trois grandes agences plutôt que concurrente, avec des politiques de prévention des conflits d'intérêts et des méthodologies transparentes. Le montant du capital et l'échéancier des premières notes ne figurent pas dans les sources consultées.

Un marché dominé par trois acteurs

Camer.be rappelle que Moody's, S&P Global et Fitch contrôlent plus de 95 % du marché mondial de la notation. Selon l'article, seuls 32 des 55 États africains disposent d'une note de ces trois agences. Les dirigeants africains dénoncent depuis des années des notes jugées trop sévères, que les agences contestent en affirmant appliquer partout la même méthode.

Les estimations de l'impact varient : la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique évoque environ 75 milliards de dollars de surcoût annuel lié aux primes de risque, un chiffre que l'article lui-même invite à confirmer par des études primaires. Le PNUD avance de son côté plus de 24 milliards de dollars imputables au jugement subjectif des notations.

Des créanciers qui ne changent pas de position

Les agences de notation ne prêtent pas d'argent : ce sont les créanciers qui fixent les taux, et ils continuent de s'appuyer sur les notes des grandes agences. Les créanciers privés détiendraient plus de 40 % de la dette extérieure du continent, selon ACET, et prêtent à des taux supérieurs à ceux des institutions publiques.

Pour illustrer l'écart, Camer.be cite un eurobond béninois à échéance 2035 qui affichait un rendement de 6,44 % le 9 octobre, contre environ 4,8 % pour un titre français à dix ans. M. Youssouf a insisté sur la nécessité de réformes plus profondes du système financier mondial ; la crédibilité de l'AfCRA dépendra, in fine, de la qualité et de l'indépendance de ses futures notations.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV