Environ dix mois après les premiers travaux, la reconstruction de la route Ngaoundéré–Garoua n'en est encore qu'aux travaux préliminaires, rapporte Investir au Cameroun dans un article du 25 septembre 2026. D'après ce média, aucun des cinq lots n'atteint 5 % d'exécution physique, alors que quatre entreprises chinoises ont reçu des avances de démarrage totalisant environ 30 milliards de FCFA.
Cinq lots, quatre entreprises et des avancements très inégaux
Selon Investir au Cameroun, le lot 1 (50 km, de Ngaoundéré au pied de l'escarpement de Mbé) est confié à CGCOC Group pour 38,6 milliards de FCFA, avec 1 % d'avancement alors que 26 % du délai contractuel serait consommé. Le lot 2 (39 km, jusqu'au pont de Kéroua), attribué à CHEC pour 29,2 milliards, afficherait 3 % d'exécution pour environ 40 % du temps écoulé.
Les lots 3 et 4, tous deux confiés à CFHEC, sont crédités de 0,4 % (77 km, environ 38 milliards) et de 4 % (56 km, environ 20 milliards). Le lot 5, entre Ouro André et le pont sur la Bénoué, attribué à CWE pour 26 milliards de FCFA, est le plus avancé avec 5 %. Les travaux réalisés portent surtout sur la gestion de la circulation, les études topographiques et géotechniques, la préparation des bases et l'installation de centrales à bitume.
Des missions de contrôle et des emprises qui retardent le chantier
L'article relève que, pour les lots 1 à 3, la mission de contrôle privée n'est pas encore déployée : le contrat du groupement AECO/CEG attend sa signature, un bureau d'ingénierie public assurant une supervision provisoire depuis le 16 janvier 2026. Pour les lots 4 et 5, le groupement CIMA International/TAEP/ECTA BTP a reçu son ordre de service le 25 août 2026, sans que son personnel clé soit entièrement mobilisé.
Sur le lot 1, les 14 premiers kilomètres prévus en 2x2 voies traversent des propriétés privées et le tracé doit encore être ajusté. La Banque africaine de développement a, selon le média, plusieurs fois alerté sur le coût de fonctionnement des commissions chargées d'identifier les biens affectés, et un avis a été demandé au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières.
Un enjeu majeur pour le corridor Douala–N'Djamena
Les travaux relèvent du Programme d'appui au secteur des transports, phase 4 (PAST IV). L'accord de financement a été signé à Yaoundé le 19 mars 2025 ; la BAD a annoncé un prêt de 330,48 millions d'euros, soit environ 216,8 milliards de FCFA, pour un coût total estimé par le ministère des Travaux publics à 222,81 milliards de FCFA.
La route fait partie du corridor Douala–N'Djamena, principal axe de transit entre le port de Douala et le Tchad : plus d'un million de tonnes de marchandises par an, soit environ 20 000 mouvements de camions, selon les chiffres cités. D'après les calendriers contractuels, l'achèvement des contrats est attendu entre fin 2027 et 2029. Pour les usagers du Nord, l'enjeu est un accès plus sûr à Garoua et au reste du pays.