La dette publique du Nigeria s'élevait à 120,9 milliards de dollars à fin juin 2026, selon les données du Bureau de gestion de la dette (DMO) relayées le 11 octobre par Le360 Afrique et reprises par la revue de presse d'allAfrica du 12 octobre. Le stock a gagné 5,2 % en un trimestre et 21 % en un an.
Des chiffres en nette progression
D'après Le360 Afrique, la dette atteignait 115 milliards de dollars en mars 2026, ce qui représente une hausse d'environ 5,2 % en trois mois. Un an plus tôt, en juin 2025, elle s'établissait à 99,7 milliards de dollars, d'où la progression annuelle de 21 %.
La même source rappelle que le stock avait peu varié entre le premier et le deuxième trimestre 2025 et qu'il avait augmenté de 47 % en 2024, année marquée par la dévaluation et l'alignement des taux de change officiel et parallèle du naira. Les variations de change pèsent en effet sur la valeur en dollars d'une dette en grande partie libellée en monnaie locale.
Une dette à 55 % domestique
La composition de la dette est restée inchangée par rapport au premier trimestre 2026, avec 45 % de dette extérieure et 55 % de dette intérieure, cette dernière reposant principalement sur les obligations du gouvernement fédéral (FGN bonds), selon l'article.
Cette structure expose moins directement le pays aux chocs de change sur la part intérieure, mais elle dépend des conditions du marché obligataire local. L'article ne donne pas de chiffres sur le service de la dette, point que les analystes surveillent de près.
Pourquoi cela compte pour la région
Le Nigeria est la première économie d'Afrique de l'Ouest et son endettement influence les perceptions des investisseurs sur la région. Il intervient aussi dans un contexte où les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, réunies à Bangkok du 12 au 18 octobre, ont placé le risque de dette publique parmi leurs thèmes principaux, d'après Dakaractu.
Pour les pays voisins du Nord-Cameroun, notamment ceux du bassin du lac Tchad, la santé des finances nigérianes a des effets indirects sur le commerce transfrontalier. Il convient toutefois de rester prudent : une hausse du stock de dette ne dit rien, à elle seule, de la capacité de remboursement ni de l'usage des fonds empruntés.