Selon Africanews, l'ancien président congolais Joseph Kabila a été annoncé, un lundi à Goma, à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une plateforme politico-militaire qui réunit des figures de l'AFC/M23 et s'oppose au pouvoir de Kinshasa. La revue de presse d'allAfrica du 19 octobre relève que le gouvernement accuse l'ex-chef de l'État de préparer une « attaque généralisée » contre le pays.
Une nouvelle plateforme et un organigramme dévoilé
D'après Africanews (13 octobre 2026), le FRN est présenté comme le successeur de l'AFC/M23. Joseph Kabila en prend la présidence, tandis que Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en sont les vice-présidents. Sultani Makenga est désigné chef d'état-major général, Freddy Kaniki secrétaire général et Benjamin Bonimpa secrétaire général adjoint.
Le conseiller de la coalition, Claude Ibalanky, explique que le FRN entend rassembler les forces de résistance pour mettre fin à ce qu'il qualifie de « tyrannie », y compris par la force, et ouvrir « une nouvelle voie » pour le pays. Il s'agit de la position de la coalition, que Le Sahel TV rapporte sans la reprendre à son compte.
Kinshasa dénonce, Kabila nie tout lien avec le M23
La revue de presse d'allAfrica du 19 octobre, citant Africa Radio, indique que le gouvernement congolais accuse Joseph Kabila de préparer une « attaque généralisée » contre le pays. Le porte-parole Patrick Muyaya s'est exprimé auprès de l'AFP à ce sujet. Au moment où Africanews a publié son article, le gouvernement du président Félix Tshisekedi n'avait pas encore réagi officiellement.
Africanews rappelle que Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace l'an dernier et qu'il nie tout lien avec le M23 et le Rwanda. Un rapport de juin du Groupe d'experts de l'ONU avait déjà évoqué une restructuration de l'AFC/M23 dans laquelle l'ancien président jouerait un rôle de premier plan, sans que cela vaille preuve devant un tribunal.
Quelles conséquences pour les pourparlers et pour la région ?
Un titre d'allAfrica daté du 15 octobre évoque une reprise par le FRN des pourparlers de paix de Doha avec Kinshasa ; nous n'avons pas pu vérifier le détail de cet article et invitons à la prudence. Al Jazeera a pour sa part consacré, le 14 octobre, une analyse à l'alliance entre l'ex-président et les rebelles.
Pour les voisins de la RDC, dont la République centrafricaine et le Tchad en Afrique centrale, l'évolution du dossier de l'Est congolais reste suivie de près. Il est trop tôt pour mesurer l'effet réel de ce changement d'étiquette sur le terrain militaire ou sur le processus diplomatique ; Le Sahel TV rendra compte des réactions officielles dès qu'elles seront publiées.