La pénurie d'essence, jusque-là surtout ressentie dans le reste du pays, a atteint Niamey, ville d'environ deux millions d'habitants, rapporte l'AFP dans une dépêche du 18 octobre 2026. Des gérants de stations affirment avoir des cuves vides depuis quatre jours, et des automobilistes patientent de longues heures.
Des stations vides et des files d'attente
D'après l'AFP, la capitale avait été largement épargnée par les pénuries précédentes. La situation s'est tendue en fin de semaine, après la publication par le ministère du Commerce d'une liste de stations encore approvisionnées, rapidement débordées. Un habitant raconte avoir fait la queue de 21 h à 3 h du matin avant d'être servi.
La revue de presse d'allAfrica du 19 octobre, citant Le 360 Afrique, indique que la raffinerie de Zinder ne suffit plus à la demande. Un titre de Madar.mr du 19 octobre évoque l'arrivée attendue de 30 millions de litres en provenance d'Algérie ; nous n'avons pas pu en vérifier les détails.
Les causes avancées par les autorités
Le ministère met en avant une production nationale insuffisante, mais aussi la reprise économique, l'approvisionnement de véhicules étrangers et d'éventuelles sorties irrégulières. Pour les huit premiers mois de 2026, le déficit atteint 196,62 millions de litres de super et 52,60 millions de litres de gazole.
La raffinerie de Zinder (SRZ), seule en activité, a une capacité de 20 000 barils par jour, mais le ministère précise qu'il ne s'agit pas d'une disponibilité quotidienne permanente. Le recul de la contrebande de carburant nigérian, qui a pu représenter jusqu'à 50 % du marché nigérien, aurait aussi joué après la fin des subventions publiques au Nigeria.
Interdiction d'exporter et refus d'augmenter les prix
Un arrêté du 12 octobre interdit l'exportation de gazole et de super afin de sécuriser l'approvisionnement local, et la société nationale Sonidep doit importer de l'essence pour couvrir les besoins. Le général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis juillet 2023, exclut pour l'instant une hausse des prix, afin de ne pas aggraver le coût de la vie.
Début octobre, il a limogé le directeur général de la Sonidep sans en donner la raison ; Fatimata Marafa Salifou lui a succédé. Elle reconnaît l'incompréhension de la population : « on dit que le Niger a le pétrole mais nous continuons de souffrir ». Une réunion des acteurs du secteur des hydrocarbures s'est tenue vendredi pour chercher une issue.