Dans la nuit du 18 au 19 octobre 2026, des affrontements entre agriculteurs et éleveurs autour d'un couloir de transhumance ont fait un bilan provisoire de douze morts et trois blessés graves à Kouzi-Wahit, dans la sous-préfecture de Mouray, région du Salamat, selon Tchadinfos et l'agence APA, repris par le quotidien Le Pays. Le bilan reste provisoire et pourrait évoluer.
Ce que l'on sait des heurts de Kouzi-Wahit
D'après les informations relayées par Le Pays dans son édition du 21 octobre, les violences se sont produites dans la nuit du 18 au 19 octobre à Kouzi-Wahit, localité de la sous-préfecture de Mouray. Elles opposent des cultivateurs et des éleveurs qui se disputent le tracé d'un couloir de transhumance, ces itinéraires empruntés par les troupeaux pendant la saison sèche.
Le bilan communiqué à ce stade est de douze morts et trois blessés graves. Il s'agit d'un décompte provisoire : l'identité des victimes, leur appartenance communautaire et les circonstances précises de la première étincelle ne sont pas établies dans les sources consultées, et Le Sahel TV ne les avance pas.
La réponse des autorités
Le délégué général du gouvernement pour le Salamat, Ahmat Choua Rozi, s'est rendu sur place en compagnie de forces de sécurité et de représentants de la justice, selon les mêmes sources. Aucune information détaillée n'a été publiée à ce jour sur d'éventuelles interpellations ni sur l'ouverture d'une enquête judiciaire.
Dans ce type de situation, les autorités tchadiennes procèdent généralement à des missions de médiation et de réconciliation entre communautés, mais nous ne disposons pas d'éléments confirmant des mesures précises pour Kouzi-Wahit.
Un conflit récurrent aux causes structurelles
Human Rights Watch, cité par Le Pays, attribue la multiplication de ces conflits à la pression démographique, à la réduction des terres cultivables et aux contraintes climatiques : champs et pâturages se disputent des espaces aux limites mal définies. L'organisation note une recrudescence de ces affrontements en 2025.
Le journal rappelle aussi le précédent de Mandakao, dans le Logone occidental, où au moins 41 personnes avaient été tuées en mai 2025 selon le gouvernement. Succès Masra, président du parti Les Transformateurs, avait été condamné à vingt ans de prison dans ce dossier avant d'être gracié en août 2026, d'après l'APA. Les couloirs de transhumance, eux, n'ont toujours pas fait l'objet d'un accord, souligne Le Pays.
Pour les régions voisines du bassin du lac Tchad et du Grand Nord camerounais, où les mêmes tensions pour l'eau et les pâturages existent, cet épisode rappelle l'importance d'un balisage concerté des couloirs et d'un dialogue entre éleveurs et agriculteurs.