Le lundi 19 octobre 2026, l'Assemblée législative du peuple (ALP) du Burkina Faso a adopté le projet de loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique, rapporte Burkina24. Le texte interdit toute privatisation totale ou partielle d'une structure d'État jugée stratégique.
Ce que prévoit le texte
Selon Burkina24, le projet remplace la loi n° 53 de 1993, qui énumérait les sociétés économiques et commerciales à protéger de la privatisation. La révision répond, d'après l'article, à des lacunes de ce texte et à l'objectif de renforcer la souveraineté industrielle et économique du pays.
Le ministre du Commerce, Serge Poda, a déclaré : « il est interdit désormais de procéder à toute privatisation totale ou partielle ». Le texte fixe aussi des critères pour déterminer si une entreprise ou un secteur est stratégique, en lien avec la souveraineté nationale, la sécurité et l'équilibre social et économique.
Un contrôle renforcé de l'État
La loi permet à l'État de superviser et de suivre les entités publiques stratégiques, et de prendre ou d'augmenter des participations dans des sociétés privées considérées comme stratégiques. Elle protège donc à la fois des entités publiques et privées qualifiées ainsi.
Le ministre a précisé que la réforme ne vise pas à reprendre systématiquement le contrôle de toutes les entreprises privatisées par le passé. L'article ne nomme aucune société précise ; la liste des entités concernées n'est donc pas connue à ce stade, et le nombre de voix du vote n'est pas rapporté.
Dans la ligne affichée de souveraineté économique
Cette adoption s'inscrit dans le discours de souveraineté défendu par les autorités de transition du Burkina Faso, que partagent le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Plusieurs médias ont relevé que le projet avait été annoncé dès le début du mois d'octobre.
Les effets concrets, notamment sur les investisseurs et sur les secteurs concernés (mines, énergie, télécommunications ou autres), dépendront des textes d'application et de la liste des entités qui sera arrêtée. Nous suivrons leur publication.