Le gouvernement gabonais a reconnu, dans une circulaire datée du 19 octobre 2026, que le Fonds monétaire international (FMI) examine encore les conclusions de l'audit de la dette publique et que « les chiffres peuvent changer », rapporte Financial Afrik le 21 octobre.
Un audit lancé en juin, des chiffres révisés en septembre
Le Gabon a lancé l'audit de sa dette publique en juin 2026, après avoir sollicité un programme auprès du FMI en mars. En septembre, le ministère de l'Économie a ramené les engagements de l'État de près de 11 700 milliards à 9 524,6 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, soit une baisse de 18,6 %.
Selon Financial Afrik, aucun remboursement n'explique cette baisse : des vérifications, des reclassements et une révision du PIB, ramené à 13 822 milliards de FCFA, y ont contribué. Le ratio de dette révisé ressort à 68,91 %, en dessous du plafond de 70 % fixé par la CEMAC.
Des estimations qui divergent
Les chiffres officiels ne font pas consensus. Dans une revue des finances publiques datée du 29 septembre 2026, la Banque mondiale situe la dette publique gabonaise de 2025 à plus de 80 % du PIB, tout en précisant que ses données sont provisoires. L'agence Fitch Ratings, qui note le Gabon CCC-, projette 80,6 % en 2026 puis 87,6 % en 2027.
Des analystes demandent la publication du rapport d'audit complet. Une mission du FMI conduite par Aliona Cebotari a séjourné à Libreville du 14 au 25 septembre pour examiner l'audit, les perspectives budgétaires et le projet de budget 2027.
Budget 2027 et financements
Le projet de budget 2027, présenté en Conseil des ministres le 18 septembre, est équilibré à 6 223,1 milliards de FCFA, contre 5 495,2 milliards dans la loi de finances rectificative 2026, selon Agence Ecofin. Les charges financières de la dette sont projetées en hausse de 36,9 %, à 667,3 milliards de FCFA.
Le Gabon a levé le 14 octobre environ 340 milliards de FCFA sur huit ans, portant ses emprunts internationaux de 2026 à 877 milliards. Le gouvernement vise un accord au niveau des services du FMI d'ici la fin de l'année, tout en admettant que le calendrier reste incertain.