La police judiciaire de Guinée-Bissau a saisi, lundi 19 octobre 2026, un lot de vaccins contre l'hépatite B dans un centre de recherche de Bissau. Ces doses étaient liées à un essai clinique financé par les États-Unis, prévu pour environ 14 000 nouveau-nés et suspendu depuis, selon Africa Radio relayé par allAfrica.
Une saisie qui ravive la polémique
Selon la revue de presse d'allAfrica du 22 octobre, la police judiciaire a saisi le lot dans un centre de recherche de la capitale. La police précise que cette saisie ne prouve pas, à elle seule, un problème de qualité ou de sécurité des vaccins.
L'essai concerné avait déjà été critiqué : en février, l'Organisation mondiale de la santé avait jugé que l'étude, telle qu'elle était connue, ne respectait pas les principes éthiques et scientifiques de la recherche sur des êtres humains.
Ce que prévoyait l'essai
D'après CIDRAP, l'essai était financé à hauteur de 1,6 million de dollars par les Centers for Disease Control and Prevention américains et mené par le Bandim Health Project, une équipe danoise. Quelque 14 000 nouveau-nés étaient visés : la moitié aurait reçu une dose du vaccin à la naissance, l'autre moitié à six semaines.
L'objectif était d'étudier les effets dits non spécifiques du vaccin. Or l'OMS recommande une dose à la naissance pour prévenir la transmission de la mère à l'enfant, et estimait que retarder la vaccination de six semaines exposerait les bébés à un préjudice grave et potentiellement irréversible.
Un enjeu de santé publique
Près d'une personne sur cinq en Guinée-Bissau est porteuse chronique de l'hépatite B, et jusqu'à 90 % des bébés exposés à la naissance sans vaccination deviennent porteurs chroniques, selon la même source. Le pays prévoit d'introduire la dose à la naissance en 2028.
L'essai avait été arrêté vers le 18 février 2026 après les critiques de chercheurs et de parlementaires américains. Les suites de la saisie, notamment judiciaires, n'étaient pas précisées à la date de publication.