La République démocratique du Congo a franchi le seuil de 10 000 cas confirmés d'Ebola, avec 4 887 décès, selon des données gouvernementales publiées le mardi 27 octobre 2026 et rapportées par Al Jazeera. L'épidémie, déclarée le 15 mai et causée par le virus Bundibugyo, touche 66 zones de santé dans huit provinces.
Un bilan sans précédent pour le pays
Selon Al Jazeera, il s'agit de l'épidémie d'Ebola la plus rapide et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Elle est aussi la deuxième plus importante et la deuxième plus meurtrière au monde, derrière celle d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016. Près de la moitié des cas confirmés sont décédés.
L'épidémie est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin ni traitement n'est approuvé. L'OMS a annoncé vendredi 23 octobre le lancement du premier essai clinique d'un vaccin.
Un traçage des contacts insuffisant
Environ 80 % des nouveaux cas proviennent de l'extérieur des chaînes de transmission suivies par les autorités sanitaires. L'Africa CDC estime qu'au moins 95 % des cas doivent venir de contacts connus pour que l'épidémie soit considérée comme sous contrôle. Au moins la moitié des personnes décédées n'avaient jamais été admises en traitement.
Certains centres sont débordés, des zones reculées manquent de personnel et de fournitures, et des grèves liées à des salaires impayés ont été signalées, notamment à Nia Nia, dans l'Ituri. Des soins courants comme la vaccination des enfants ont été perturbés.
Des pays voisins en alerte
En Ouganda, les personnes qui reviennent de RDC doivent observer 21 jours de quarantaine à leurs frais ; les autorités y font état de 20 cas, surtout importés, et de deux décès, sans infection active. Au Kenya, les cas confirmés ont atteint neuf, dont deux mortels, et 20 contacts du premier patient ont été libérés de quarantaine tandis que 98 restent suivis.
Le Nigeria a renforcé le contrôle dans ses aéroports. Une femme d'un diplomate suisse, infectée lors d'un séjour en Ouganda en septembre et diagnostiquée au Nigeria, a été évacuée vers la Suisse. Dans la province de la Tshopo, un infirmier a été tué lors d'une riposte à Bafwasende, un événement que Le Sahel TV a déjà rapporté.