Dans la région de l'Extrême-Nord, la saison du sorgho démarre sous de mauvais auspices : à Maroua, des agriculteurs ne trouvent plus les plants dont ils ont besoin. Selon un reportage de Cameroon Tribune publié le 27 octobre 2026, l'insuffisance des pluies et des vols de jeunes plants en pépinière raréfient la ressource.
Une pépinière dévastée, des champs qui attendent
Le reportage décrit une scène observée à Maroua le 23 octobre 2026, en début de matinée. Souley Mamoudou, agriculteur, y a arraché environ 25 kg de plants de sa pépinière. C'est très loin de ce qu'il lui faudrait : il estime avoir besoin de 975 kg de plants pour couvrir l'hectare qu'il compte exploiter, à une dizaine de kilomètres de son domicile.
Avec cet hectare, il espère récolter deux à trois tonnes de sorgho, de quoi nourrir sa famille toute l'année. « Je ne sais pas où je vais trouver les 975 kg de plants qu'il me faut », confie-t-il au journal. La productrice Martine Kalda, elle, n'a rien pu tirer de sa pépinière et dit ne pas avoir les moyens d'en acheter ; pour elle, cette culture est « ma seule source de revenus ».
Pluies insuffisantes et vols de plants : deux causes avancées
D'après l'article, la première cause tient au climat : les pluies ont été insuffisantes cette année dans la partie septentrionale du pays. Les sols, insuffisamment arrosés, ont pénalisé la germination des graines et le développement des jeunes plants, ce qui a réduit le volume disponible dans les pépinières.
S'y ajoute un phénomène moins attendu, le vol de jeunes plants, qui aggrave la situation de ceux qui avaient réussi à en produire. Le reportage ne chiffre pas l'ampleur de ces vols et, dans la partie librement accessible, ne donne aucun prix des plants : il n'est donc pas possible, à ce stade, de mesurer l'effet sur le marché local ni sur les surfaces qui seront finalement cultivées.
Des alternatives pour limiter les pertes
Dans un second article publié le même jour, une ingénieure agronome, Grâce Abigaëlle Togodne, rappelle qu'une pénurie de plants peut perturber les calendriers de semis et de repiquage, réduire les surfaces cultivées et les rendements, surtout lorsque les pluies sont irrégulières. Elle évoque aussi un risque de hausse des prix des plants et de baisse du sorgho disponible pour la consommation et la vente.
Parmi les pistes citées : arroser les plants dès la pépinière, consulter le ministère de l'Agriculture et du Développement rural pour identifier des variétés adaptées au climat de la région, et recourir à des variétés à cycle court lorsqu'elles conviennent aux conditions locales. La variété S-35 est présentée comme bien adaptée aux zones sèches, tandis que « Séguifa » et « Djamdigui » sont décrites comme précoces. Le choix, précise l'experte, dépend de la pluviométrie, du type de sol et du temps restant avant la fin de la saison.