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RDC

RDC : Washington sanctionne le ministère rwandais de la Défense et la banque Zigama pour leur soutien présumé au M23

Photographie d'illustration : bâtiment de l'Assemblée nationale à Abuja (Nigeria)

Le Trésor américain a annoncé le 28 octobre 2026 de nouvelles sanctions visant le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings, une institution financière au service des forces de sécurité rwandaises. Washington les accuse de soutenir le M23 et sa branche politique, l'Alliance Fleuve Congo (AFC), dans l'est de la République démocratique du Congo.

Ce que Washington reproche aux deux entités

Selon le compte rendu publié le 29 octobre, l'Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) gèle les avoirs placés sous juridiction américaine des deux entités et interdit pour l'essentiel les transactions avec elles aux personnes américaines. Certaines opérations avec des tiers peuvent aussi exposer des institutions étrangères à des sanctions.

Zigama est accusée d'avoir facilité des paiements à des fournisseurs, en Chine et ailleurs, pour des armes, des munitions et du matériel militaire, et d'avoir réalisé pour le M23 et l'AFC des transactions de plusieurs dizaines de millions de dollars, sans chiffre plus précis. Une de ses agences aurait aussi aidé à acheminer vers Kigali de l'or extrait en territoire congolais contrôlé par les rebelles. Ces éléments sont des allégations du Trésor américain.

Un durcissement après les sanctions de mars

Ces mesures font suite aux sanctions du 2 mars 2026 contre les Forces de défense rwandaises et quatre hauts gradés. Washington affirme que plusieurs milliers de soldats rwandais opèrent dans le Nord et le Sud-Kivu aux côtés du M23, auxquels s'ajouteraient des systèmes sol-air et des brouilleurs menaçant l'aviation civile.

Le M23 contrôle Goma et Bukavu depuis début 2025, ainsi que des zones minières dont Rubaya, important site de coltan. Les sanctions invoquent les accords de Washington signés le 4 décembre 2025 par Félix Tshisekedi et Paul Kagame, dont l'application reste, selon l'analyse publiée, largement en suspens. En visant les circuits financiers, les États-Unis cherchent à relever le coût économique du soutien au mouvement armé.

Les réactions de Kigali et de Kinshasa

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que le Rwanda devait cesser son soutien au M23 et retirer ses troupes de l'est de la RDC. La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a renvoyé aux engagements de Kinshasa sur la neutralisation des FDLR et affirmé que Kigali restait prêt à appliquer les accords si la RDC respectait aussi les siens.

Kinshasa s'est félicitée des sanctions et a réclamé le retrait des troupes rwandaises. Sur le terrain, de nouveaux affrontements ont été signalés cette semaine à Walikale, et l'émissaire de l'ONU Huang Xia a déploré devant le Conseil de sécurité un cessez-le-feu qui peine à se concrétiser. Les effets concrets des sanctions sur le conflit restent à démontrer.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV