Le groupe nigérian Dangote, après le ciment, entre sur le marché pétrolier camerounais. Selon RFI, il a annoncé le mercredi 28 octobre 2026 la création d'une filiale, Dangote Oil & Gas Cameroon, dont le siège sera à Douala, et la conclusion avec le gouvernement d'un accord de fourniture de trois ans censé couvrir 50 % des besoins du pays en produits pétroliers importés.
Une filiale installée à Douala
D'après les informations rapportées par RFI, la nouvelle société sera basée à Douala, capitale économique du pays. Son démarrage effectif est présenté comme imminent. Son objet social lui permettrait, en principe, d'intervenir sur toute la chaîne aval des hydrocarbures, de l'importation jusqu'aux stations-service, même si les premières activités annoncées concernent surtout le stockage.
Cette annonce s'inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs mois. En juillet 2026, le vice-président du groupe, en visite au Cameroun, avait indiqué au Premier ministre que Dangote souhaitait créer une capacité de stockage afin de constituer une réserve et de faciliter l'acheminement des produits par pipeline.
Un accord de trois ans avec l'État
L'accord conclu avec le gouvernement porte sur la fourniture de 50 % des produits pétroliers que le Cameroun importe. Les approvisionnements se feraient directement depuis la raffinerie du groupe à Lekki, au Nigeria. Le Cameroun ne dispose plus de raffinerie opérationnelle depuis l'incendie de la Sonara, sa seule installation, et importe donc la totalité de ses produits raffinés.
Ces importations passent aujourd'hui par plusieurs opérateurs négociants, dont l'intermédiation renchérit les coûts. Selon des estimations de la banque centrale sous-régionale citées par la presse, le pays a importé pour près de 2 000 milliards de francs CFA de produits pétroliers en 2025. Le prix des produits, le montant du contrat et ses modalités financières n'ont pas été rendus publics.
Ce qu'il faudra surveiller
Plusieurs points restent à clarifier : le calendrier des premières livraisons, les capacités de stockage disponibles, la place laissée aux opérateurs déjà présents et l'effet réel sur les prix à la pompe. Aucune de ces informations ne figure à ce stade dans les éléments communiqués.
Pour les consommateurs comme pour les entreprises, notamment dans les régions éloignées des ports où l'acheminement du carburant pèse sur les prix, l'enjeu sera de voir si la sécurisation des approvisionnements se traduit par une disponibilité plus régulière. La rédaction suivra les précisions que le gouvernement ou le groupe pourraient apporter.