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Sahel

Mali : l'armée et l'Africa Corps accusés d'avoir tué plus de 200 têtes de bétail près de Diéma

Photographie d'illustration : patrouille de la MINUSMA à Goundam (Mali), en 2015

Selon RFI, l'armée malienne et ses partenaires russes de l'Africa Corps ont tué plus de 200 bovins et ovins le mercredi 28 octobre 2026 à Mangara, commune de Dioumara, cercle de Diéma, dans la région de Nioro du Sahel. L'armée malienne n'a pas communiqué sur cette opération. Les faits reposent sur des témoignages recueillis par la radio, qui n'ont pas pu être vérifiés de source indépendante.

Ce que rapportent les témoins

D'après les témoignages recoupés par RFI auprès d'habitants, de proches d'éleveurs et de représentants des communautés peules, environ 150 bovins, 80 moutons et chèvres ainsi que des ânes auraient été abattus par balles au petit matin dans les hameaux de Mangara. Plusieurs dizaines d'habitations auraient aussi été incendiées.

Des images transmises à la radio montrent des dizaines d'animaux morts ou agonisants. Un villageois, caché en brousse comme beaucoup d'autres, décrit la destruction de ses biens : maisons, vêtements, nourriture et charrettes brûlés. Une notabilité locale se demande si ces opérations constituent des représailles.

Un épisode qui n'est pas isolé

Le 21 octobre, selon RFI, les Forces armées maliennes et leurs partenaires russes auraient tué une centaine d'animaux et brûlé une soixantaine de cases à Moussassere, commune de Dianguirde, dans la même zone. Le mois précédent, deux chasseurs traditionnels dozos, accusés par le Jnim de collaborer avec l'armée, avaient été assassinés.

Le Jnim, groupe jihadiste lié à al-Qaïda, est présent dans la zone. RFI indique que d'autres cas d'exécutions ou de vols de bétail, imputés à l'armée, à l'Africa Corps et aux jihadistes, ont déjà été documentés.

Un enjeu de subsistance

Le bétail constitue la seule ressource de subsistance des communautés peules d'éleveurs de la zone. La perte de centaines de bêtes menace directement la sécurité alimentaire de familles déjà fragilisées par l'insécurité et les déplacements.

Faute de réponse de l'armée malienne aux sollicitations de RFI, la version des autorités reste inconnue. Il appartiendra à d'éventuelles enquêtes indépendantes d'établir précisément les responsabilités ; la rédaction relaie ces informations en précisant qu'elles sont attribuées à des témoins et non confirmées officiellement.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV