Le Groupe d'action financière (GAFI) a publié le vendredi 30 octobre 2026, à l'issue de sa réunion à Paris, ses délibérations : la Côte d'Ivoire et la République démocratique du Congo quittent sa liste grise. Le Cameroun, l'Angola, le Kenya et le Soudan du Sud y demeurent, selon RFI.
Deux sorties de la liste grise
La liste grise recense les pays placés sous surveillance renforcée, tenus de remédier à des lacunes stratégiques dans leur dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Y figurer peut compliquer les transactions bancaires et décourager des investisseurs étrangers.
La Côte d'Ivoire y était inscrite depuis octobre 2024, la RDC depuis octobre 2022. Pour Abidjan, le GAFI cite une meilleure coopération internationale dans les enquêtes et une surveillance accrue des risques liés aux établissements financiers.
Ce qui a pesé pour Abidjan et Kinshasa
Selon une experte citée par RFI, ce sont les réformes mises en œuvre en Côte d'Ivoire qui ont compté : poursuites renforcées, amendes avoisinant 2 millions d'euros et plateforme interconnectée sur les bénéficiaires effectifs des entreprises. Des économistes y voient un facteur de confiance pour les investisseurs ; le pays vise 170 milliards d'euros de mobilisation dans son plan 2026-2030, dont 70 % du privé. Il reste classé parmi les pays à haut risque par la Commission européenne.
Pour la RDC, le GAFI relève la finalisation du cadre juridique et l'adoption d'une stratégie nationale. La coalition anticorruption souligne que les progrès devront se confirmer sur le terrain, notamment par des ressources suffisantes pour la cellule de renseignement financier et par la poursuite des auteurs de détournements.
Le Cameroun reste sous surveillance
Le Cameroun, l'Angola, le Kenya et le Soudan du Sud demeurent sur la liste. Le GAFI juge leurs avancées inégales ; il demande au Kenya de poursuivre son plan d'action et constate pour le Soudan du Sud des délais écoulés et des progrès limités.
Pour le Cameroun, l'enjeu reste de corriger les lacunes identifiées afin d'envisager une sortie lors de prochaines sessions. Le détail des mesures attendues n'est pas précisé dans les éléments publiés à ce stade.