LE SAHEL TVL’info africaine 24h/24
← Retour à l’accueil
Santé

Afrique centrale : 251 tonnes de produits médicaux saisies depuis 2020, la Cemac présente une feuille de route contre les faux médicaments

Photographie d'illustration : infirmière

Plus de 251 tonnes de produits médicaux ont été saisies en six ans en Afrique centrale. C'est le chiffre central d'un rapport de l'ONUDC, de l'OMS et de la Cemac, au nom duquel la Commission de la Cemac a dévoilé à Vienne une feuille de route régionale 2026-2030 contre le trafic de médicaments, selon Journal du Cameroun (28 octobre 2026).

Un rapport qui chiffre l'ampleur du trafic

Publié début octobre, le rapport « Le trafic de produits médicaux en Afrique centrale » couvre la période 2020-2025. Il dénombre au moins 251 tonnes de médicaments saisis au Cameroun, en Centrafrique, au Tchad, au Congo, en Guinée équatoriale et au Gabon, et indique que 71 % des échantillons analysés par l'OMS étaient falsifiés.

L'ONUDC explique que les trafiquants détournent des médicaments de chaînes d'approvisionnement légales et de stocks de programmes nationaux de santé, puis vendent des produits contrefaits, de qualité inférieure ou non autorisés : antibiotiques, antipaludiques, antalgiques, mais aussi tramadol et prégabaline.

Une menace sanitaire et sécuritaire

Le rapport souligne que ce marché illicite cause échecs thérapeutiques, intoxications et décès évitables, et que ces produits peuvent atteindre des établissements de santé officiels. Une estimation de l'OMS de 2017, citée par l'ONUDC, associe les antipaludiques falsifiés ou de qualité inférieure à 72 000 à 267 000 décès par an en Afrique subsaharienne.

En Centrafrique, des groupes armés pilleraient des centres de santé et prélèveraient des « taxes » sur les cargaisons. Fin septembre 2026, les douanes gabonaises ont saisi 17 000 comprimés de tramadol, attribués à des trafiquants venus du Cameroun.

La feuille de route 2026-2030

Présentée à Vienne par la délégation de la Cemac, conduite par le commissaire au Marché commun Mbogo Ngabo Seli, la feuille de route repose sur le renseignement, l'harmonisation des législations nationales et le contrôle renforcé des grands corridors commerciaux. La Commission appelle aussi à une coopération internationale accrue et parle d'« impératif de sécurité collective ».

Les médicaments entrent surtout par les ports maritimes et fluviaux ou par avion, puis circulent par les grands axes routiers. Les objectifs chiffrés et le budget de la feuille de route n'ont pas été précisés dans la source consultée.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV