Les boutiques et comptoirs du marché historique de Mora, dans le département du Mayo-Sava, ont été démolis dans la nuit du 27 au 28 octobre 2026, vers trois heures du matin selon des témoins cités par le Journal du Cameroun. L'opération a été menée par la mairie, qui construit un marché moderne à Sankré. Elle suscite la colère d'une partie des commerçants et de responsables locaux.
Une démolition nocturne qui achève un transfert contesté
Selon le Journal du Cameroun, les équipes ont rasé les boutiques et comptoirs de l'ancien marché, ne laissant que des gravats. La démolition vient clore un processus de déguerpissement destiné à libérer le site. Le journal ne rapporte aucune réaction de la mairie ni de la préfecture à ce stade.
La mairie construit un marché moderne à Sankré, dont la première phase est achevée. Le maire, Chetima Hamidou, a engagé le transfert progressif des activités. D'après l'article, plus de la moitié des quelque 87 commerçants et artisans recensés sur l'ancien site s'y étaient déjà installés.
Une résistance des commerçants depuis plusieurs mois
Le transfert n'a pas été sans heurts : en mars, le maire avait été encerclé alors qu'il tentait de faire démolir des boutiques, et des habitants soutenaient que le nouveau marché manquait d'espace pour accueillir tous les commerçants. Le 28 septembre, il avait signé des arrêtés pour transférer d'autres activités vers Sankré.
Une seconde phase est prévue sur le nouveau site, avec 180 boutiques, trois hangars, une boucherie, deux blocs sanitaires et une mosquée. Le calendrier et le financement de cette phase ne figurent pas dans l'article consulté.
Une dénonciation politique et un incendie dont le lien n'est pas établi
Mamadou Mota, ancien vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, a qualifié la démolition d'« acte d'une lâcheté absolue » et de « trahison intolérable ». Il estime qu'elle aggrave les difficultés d'une région déjà éprouvée par l'insécurité et interpelle le préfet du Mayo-Sava, autorité de tutelle de la commune, pour qu'il prenne ses responsabilités.
Le même mercredi, le bureau du RDPC à Mora a été détruit par un incendie. Certains y voient une riposte d'habitants contre les autorités municipales, mais l'article précise que ce lien n'est pas confirmé. La rédaction suivra la réaction des autorités administratives.