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RDC

RDC : à Moscou, Tshisekedi demande à la Russie d'appuyer la paix avec le Rwanda et le mandat de la Monusco

Photographie d'illustration : bâtiment d'une Assemblée nationale

Le président congolais Félix Tshisekedi a profité du troisième sommet Russie-Afrique, à Moscou, pour demander à la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, de soutenir la paix dans l'est de la République démocratique du Congo. Reçu au Kremlin le vendredi 30 octobre 2026, il a réitéré sa demande auprès de Vladimir Poutine, selon une dépêche de l'agence Belga. Aucune réponse du président russe, de Kigali ou de l'ONU n'a été rapportée.

Les demandes formulées à la tribune du sommet

Le jeudi 29 octobre, selon Radio Okapi, Félix Tshisekedi a demandé à la Russie d'appuyer l'application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité sur la situation sécuritaire dans l'est du pays, adoptées à l'unanimité et qui engagent donc aussi Moscou. Il a réclamé l'arrêt des hostilités, le retrait du M23 des zones qu'il occupe, la fin du soutien des Forces de défense rwandaises au M23 et leur retrait du territoire congolais.

Il a aussi appelé à neutraliser les FDLR, à protéger les civils, à garantir l'accès humanitaire et à permettre le retour volontaire et digne des déplacés et des réfugiés. Il a dénoncé l'exploitation illicite des ressources de l'est, déclarant que « les ressources exploitées illicitement financent la guerre ». Il a estimé que les progrès récents ne compteront que s'ils sont vérifiables sur le terrain.

Au Kremlin, la paix et le mandat de la Monusco

Selon Belga, Félix Tshisekedi a déclaré à Vladimir Poutine : « Nous voulons absolument que la Russie puisse nous accompagner dans la recherche de la paix », en reconnaissant que la concrétisation du processus n'est pas encore acquise. Sa demande précise vise le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, que Kigali lie à la neutralisation des FDLR, et un appui russe au Conseil de sécurité pour renouveler le mandat de la Monusco.

Le président congolais a rappelé que son pays poursuit la paix à travers les processus de Washington et de Doha, en coordination avec la médiation de l'Union africaine, et a remercié les médiateurs africains, les États-Unis et le Qatar. Le M23, soutenu selon Kinshasa et plusieurs rapports par Kigali, a repris de l'ampleur depuis fin 2021 et s'est emparé de Goma et de Bukavu en janvier et février 2025 ; un accord négocié par Washington, entériné en décembre, n'a pas mis fin aux combats, rappelle Belga.

Une coopération économique et une réforme de l'ONU en filigrane

Sur le plan économique, Kinshasa a cité parmi ses priorités l'énergie, notamment l'hydroélectricité et l'étude du nucléaire civil, les infrastructures, la transformation locale des minerais et la sécurité alimentaire. Il demande des projets viables, assortis de transferts de technologie, de formation et d'une participation d'entreprises locales, et propose que les ministres retiennent un nombre limité de projets prioritaires par pays, avec financement identifié et suivi régulier.

Le chef de l'État a également plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité afin de corriger la sous-représentation historique de l'Afrique, et pour un dialogue continu sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, dont il a rappelé les effets sur les prix des denrées, des engrais et de l'énergie. La rédaction relève que ces positions sont celles de la présidence congolaise et que les réponses de Moscou restent à connaître.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV