Les États-Unis veulent retirer l'Afrique du Sud et le Rwanda de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), le dispositif qui ouvre le marché américain sans droits de douane à une trentaine de pays africains. L'annonce a été faite le lundi 2 novembre 2026 par le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, qui estime que les deux pays ne remplissent plus les critères d'éligibilité. Pretoria dit regretter l'apparition d'exigences nouvelles ; aucune réaction officielle rwandaise n'a été relevée dans les comptes rendus consultés.
Ce qu'a annoncé Washington
Selon les comptes rendus de la presse francophone et africaine, Jamieson Greer s'est appuyé sur la revue annuelle des pays bénéficiaires, menée au cours des dernières semaines. Il a indiqué que le président Donald Trump considérait que les gouvernements sud-africain et rwandais menaient des pratiques incompatibles avec les critères d'éligibilité prévus par le texte.
Le calendrier précis de l'exclusion n'est pas rapporté de façon uniforme : certains médias évoquent une entrée en vigueur au début de janvier 2027, d'autres ne donnent aucune date. À ce stade, il s'agit d'une intention affichée par l'administration américaine et non d'une décision dont les modalités d'application seraient détaillées publiquement.
Les griefs avancés contre chaque pays
Pour l'Afrique du Sud, Washington invoque une prétendue persécution des Afrikaners, une allégation que les comptes rendus consultés présentent comme non démontrée, ainsi que des restrictions au commerce et à l'investissement américains, le niveau de corruption et des risques pour la sécurité nationale et les intérêts de politique étrangère des États-Unis.
Pour le Rwanda, les motifs cités touchent à l'État de droit et au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et aux droits humains, ainsi qu'à des barrières tarifaires et à l'investissement. Washington accuse par ailleurs Kigali de soutenir le groupe armé M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, un grief que les autorités rwandaises ont déjà contesté par le passé. Il s'agit ici de positions américaines, rapportées comme telles.
Pretoria déplore, les enjeux pour le continent
Le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, a jugé regrettable que les États-Unis soulèvent de nouvelles questions qui ne faisaient pas partie des négociations engagées en 2025, alors que son pays dit avoir consenti des concessions supplémentaires. La presse sud-africaine rappelait en février que la reconduction de l'AGOA, promulguée à Washington, laissait déjà planer une incertitude sur la participation de l'Afrique du Sud.
L'AGOA permet à environ trente des quelque cinquante pays du continent d'exporter une large gamme de produits, du textile à l'automobile, sans droits de douane vers les États-Unis. Les comptes rendus ne chiffrent pas les échanges concernés par l'annonce. Les observateurs attendront désormais le texte officiel et les éventuelles procédures de recours ou de négociation avant de mesurer l'impact réel pour les deux économies.