Six mois après son enlèvement à Bamako, l'avocat et ancien ministre malien Mountaga Tall demeure introuvable, tout comme son fils Cheick Mamadou Tall, selon une note de Human Rights Watch (HRW) publiée le 30 octobre 2026. L'organisation demande aux autorités maliennes de révéler où se trouvent les deux hommes et de les libérer. Les autorités n'ont pas reconnu les détenir, d'après HRW.
Un enlèvement le 2 mai, un fils disparu le 16 mai
Selon HRW, Mountaga Tall, avocat et ministre de 2014 à 2017, a été enlevé le 2 mai 2026 à Bamako par des hommes armés non identifiés. D'abord favorable aux militaires au pouvoir, il était devenu l'un des critiques de la junte, notamment après la dissolution des partis politiques.
Le 16 mai, son fils Cheick Mamadou Tall a disparu à son tour après avoir reçu un appel lui indiquant qu'il pouvait apporter des effets personnels à son père, apparemment détenu dans un lieu tenu secret. Depuis, aucune information officielle n'a été communiquée à la famille.
Le silence des autorités, la pression internationale
HRW affirme que les autorités maliennes n'ont reconnu détenir ni le père ni le fils et n'ont fourni aucune information sur leur lieu de détention, leur statut juridique ou leur état de santé, malgré les demandes de la famille et d'une équipe d'avocats. L'organisation indique que des médias internationaux ont évoqué une détention possible par les services de renseignement, sans que cela ait été confirmé officiellement.
En juillet, le Comité des disparitions forcées des Nations unies avait demandé aux autorités maliennes de localiser et de protéger les deux hommes, comme l'avait relayé RFI. Amnesty International avait de son côté exigé dès le mois de mai que le sort de l'avocat soit clarifié.
Un cas qui s'inscrit dans un contexte plus large
HRW rattache cette affaire à d'autres enlèvements d'hommes politiques et de leurs proches par des hommes armés et cagoulés, un mode opératoire qu'elle associe aux services de renseignement maliens ; certains restent portés disparus. Des organisations de défense des droits humains ont de nouveau rappelé ces cas cette semaine, selon une revue régionale de l'actualité.
Les autorités de transition n'ont, à notre connaissance, pas publié de réponse précise à ces accusations. Faute d'éléments vérifiables de source indépendante, la situation des deux hommes reste, à ce jour, inconnue.