La région de l'Extrême-Nord du Cameroun demeure confrontée à une insécurité persistante, plus de dix ans après le début des violences liées à Boko Haram et à sa branche dissidente, l'ISWAP. Le département du Logone-et-Chari, frontalier du Nigeria et du Tchad, concentre l'essentiel des incursions et des attaques contre les positions militaires et les populations civiles.
Des attaques répétées contre les positions de l'armée
Début 2026, des postes avancés du Bataillon d'intervention rapide (BIR), notamment dans la zone de Hile-Alifa, ont été visés par des assauts nocturnes. L'armée camerounaise affirme avoir repoussé plusieurs de ces attaques et neutralisé des assaillants, tout en déplorant des pertes dans ses rangs. Ces opérations illustrent la capacité de nuisance toujours réelle des groupes armés malgré la pression militaire.
Une crise humanitaire de grande ampleur
Depuis 2013, l'insécurité a provoqué le déplacement de plus d'un demi-million de personnes dans l'Extrême-Nord. Familles déplacées, retournés et réfugiés vivent souvent dans des conditions précaires, dépendant de l'aide humanitaire. L'accès des organisations aux zones touchées, en particulier dans le Logone-et-Chari, reste un défi majeur.
Stabilisation et réinsertion
Au-delà de la réponse sécuritaire, les autorités et leurs partenaires misent sur des programmes de stabilisation, de relèvement des communautés et de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des ex-combattants. La réussite de ces dispositifs conditionne le retour durable de la paix et la relance socio-économique d'une région stratégique pour le pays.